Le blog du Web pilot

Lecture à l'écran: derniers éléments (2009)

Il est toujours intéressant de remettre en question nos connaissances, et le dossier de Science & Vie de septembre consacré à la lecture à l'écran a ce mérite d'illustrer le sujet avec quelques études plus récentes que celles dont nous disposions, occasion de confirmer l'essentiel de ce qu'on savait et d'y ajouter une touche de nouveauté. Synthèse en quelques puces pour ceux qui n'auraient pas le temps de lire S&V.

  •  On l'oublierait, mais les signes à lire à l'écran sont bien plus nombreux que ceux qui nous sont imposés sur le papier. De là une des explication du "25%" de perte dans la rapidité de lecture à l'écran. 
  • Selon une étude de l'Université de Californie, la lecture à l'écran mobilise des zones du cerveau supplémentaires: celles contrôlant la prise de décision et les raisonnements complexes. Là encore, les synthèses et choix qu'exige l'hypertexte explique aussi les fameux 25%... et une part de notre fatigue !
  • Autre facteurs de lenteur bien identifiés : le scintillement de l'écran, les contrastes insuffisants, les polices avec empattement...
  • Moins connu, la mobilité du texte à l'écran perturbe notre mémoire spatiale... Alors que sa stabilité (sur des sites bien conçus ou sur le papier) est un grand gage de confort.
  • L'hypertexte, par la quantité de liens proposés dans le texte, peut facilement créer une "désorientation cognitive" chez l'internaute, affirment certains chercheurs. Internaute qui perdrait le sens général du message ou peinerait à se situer dans un dossier et ses sous parties... On évoque "la sensation d'être perdu, de tourner en rond et de ne plus pouvoir suivre le fil du récit"... Depuis le temps que nous répétions qu'une des grandes lacunes du Web était son refus d'afficher le mot "FIN"...
  • Une étude parmi tant d'autre tenderait à prouver qu'en forçant un lecteur à lire une page de façon linéaire, sans se préoccuper dans un premier temps des liens proposés par la dite page, améliorerait l'effiacité générale du message et des liens.
  • Selon Thierry Baccino, un des chercheurs interrogés par S&V, le stress déclenché par des hypertextes offrant un très grand nombre de pages à visiter fait perdre jusqu'à 30% de la force de travail.
  • Attention à l'audio. Il semblerait qu'un message soit mieux mémorisé lorsqu'il est lu que lorsqu'il est entendu. Parce que la lecture permet de modulter son rythme de prise d'informatios en fonction des difficultés rencontrées...". CQFD.
  • Mais un texte plus son "son" serait tout bénéfice.
  • A l'inverse, une infographie serait souvent menacée par un texte explicatif et/ou un son explicatif. L'abus de multimodalité nuit à la compréhension et se solde fréquemment par une "surcharge mnésique". Certes, mais j'ajouterais, si on me le permet (c'est quand même mon blog) que tout cela est vrai à condition que l'infographie soit claire, concise, explicite. CE QUI EST RAREMENT LE CAS !

Le dossier complet de Science & Vie.

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