Le blog du Web pilot

Expérience: le partage des savoirs dans un projet Web

Dans ce billet, je profiterai du récent bilan d'un processus de rénovation de site Internet (sans citer lequel, les lecteurs me pardonneront), pour témoigner des possibilités et limites en termes de partage des savoirs (et des compétences) en matière de site Web, et particulièrement quand il s'agit non pas de livrer un site clé en main, mais de faire participer ses futurs administrateurs et webmasters, que j'appelerai ici "partenaires-clients" puisqu'ils ont participé durant ce projet au graphisme, à l'informatique et à la production des contenus.

 

Une expérience qui tord certains préjugés sur de tels partages ou associations.

1. Résistance au changement

Contrairement aux idées reçues, la fameuse résistance au changement n'est pas inéluctable. En l'occurence, cette expérience a montré que le groupe qui nous intéressait était plutôt apte au changement. Probablement parce que la solution proposée était meilleure (pour résumer) que l'existant, mais aussi - et surtout - parce que ceux qui prônaient le changement ont pris le temps nécessaire pour écouter, expliquer et s'adapter.

2. Partage des connaissances

A l'inverse, même quand le changement est acquis, il peut s'avérer difficile de parier sur le partage. Ainsi nos partenaires-clients ont dans le cas que nous étudions validé les changements proposés mais ont eu une difficulté certaine à nous faire participer aux étapes du projet qui étaient de leur ressort. Tout s'est plus ou moins déroulé à la manière "Ok on vous as compris, on vous suivra mais maintenant laissez-nous travailler dans notre coin". Une position évidemment dommageable pour le(s) futur(s) site(s).

3. Vision différente de la qualité

Nous avons découvert ici que la notion de qualité (et nous parlons ici de qualité du design essentiellement) était trop aléatoire. Pour nos partenaires, impliqués en partie dans le design graphique du site, une "nette amélioration" sur l'existant a semblé suffire. Pour nous qui mandatons des graphistes Web, l"'à peu près" est synonyme de grosse frustration! Certes, l'usager moyen du Web, ne fait pas une fixation sur cet "à peu près", mais de manière subliminale, ce dernier lui laissera une image négative.

Sur ce sujet, l'expérience montre qu'il est difficile de fixer, au lancement du projet, un consensus précis sur la qualité graphique visée. L'expérience nous montre ici qu'il faut être intransigeant sur ce chapitre et définir très exactement qui, du partenaire-client ou du fournisseur Web, donne l'ultime feu vert sur le design.

4. Différents sur le calendrier

Le partenariat client-fournisseur nous apprend aussi que la vision du calendrier est aléatoire. Particulièrement, un client qui se disait pressé peut perdre d'un seul coup 3 mois sur les tâches qui lui sont attribuées parce que l'organisation a soudainement d'autres priorités. Moins banal est le cas présent où le client devance le planning, par souci médiatique, ou pour x raison, et brûle ainsi quelques étapes de validation capitales.


5. Identification des compétences

Là aussi, l'expérience nous a montré la nécessité de mieux évaluer les compétences disponibles chez notre partenaire-client. On peut disposer à l'interne d'un webmaster, et même d'un webmaster agissant sur PHP, mais qu'est-ce que cela nous dit sur sa capacité à écrire des centaines de lignes de codes? Idem avec le "graphiste" qui parfois dans l'organisation est plutôt un illustrateur, ou encore un infographiste, et aura souvent beaucoup de difficultés à intégrer les exigences du graphisme Web dans le temps imparti par le projet.

6. Aptitude à l'écriture Web

Dans le projet qui nous intéresse, il s'est avéré possible de faire produire au partenaire-client des textes concis, efficaces, plus adaptés à une écriture Web que le voulaient leurs habitudes. On s'aperçoit ici qu'il est possible d'instaurer un vrai changement des habitudes par la force de conviction, une petite formation à l'écriture Web (et encore, pas toujours) et l'élaboration d'une charte rédactionnelle Web (indispensable).

7. Manque de vision future

A la fin du fin, il faut insister sur l'idée qu'un site Web n'a jamais de fin, mais "vit" ou à tout le moins contient quelque chose d'organique: des contenus se renouvellent, des acteurs changent, des bugs surviennent, de nouveaux besoins se font sentir. Ici, l'expérience que nous rapportons nous a montré que nos partenaires appréhendaient encore le Web comme ils appréhendaient les documents imprimés: sitôt livré, sitôt oublié. Du coup, le site manque de ressource technique pour son entretien et, pire à notre sens, de ressources éditoriales pour l'animation de son contenu (actualités, évènements, etc.). Le risque étant de tomber dans un classique: refaire son site tous les 2-3 ans alors que sa qualité passe par un rafraîchissement permanent.

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