Du nouveau sur les sites web communaux
Après avoir réalisé les sites web de Plan-les-Ouates et de Bernex, et après avoir défini la structure et le design du site de Lancy, nous avons eu la chance de pouvoir relancer en 2010 notre réflexion sur les sites de communes, alors que deux d'entre elles nous convoquaient à la réalisation de leurs nouveaux sites.
Comme pour les musées de la Ville de Genève (voir notre étude de cas), nous sommes convaincus qu'une réflexion sur la structure, la navigation et l'ergonomie d'une site communal peut nous faire aboutir à des solutions Web profitant à plusieurs communes ou villes, sans pour autant livrer le même site et nier l'identité de chaque commune, bien au contraire.
L’analyse des usages actuels du Web nous montre plusieurs évolutions convergentes qui appellent plusieurs développements, particulièrement pour les sites de collectivités publiques
1. OBSOLESCENCE DES MENUS ? Les « menus » des sites Web aux contenus très denses semblent avouer leurs limites. Les analystes reconnaissent en effet que le menu, ou sommaire arborescent, est une vue de l’esprit, une tentative de taxonomie conçue autour de prédicats que tous les internautes ne partagent pas. Tel « entrée » du menu est rangée dans « social » dans telle commune, puis dans « vivre ici » dans telle autre commune. Les "démarches" sont pour certains à ranger dans partie "Administration" alors que certains internautes les attendent dans une zone "Pratique", etc.
Le menu est ainsi à la fois "ok" pour une partie des internautes, et en même temps source de confusion pour une autre partie d'entre eux. Il exige souvent une réflexion préliminaire de la part du visiteur : « Dans quelle rubrique auront-il rangé ce que je cherche ? ».
Dès lors il appartient aux développeurs de sites Web d’offrir des classements et des modes de navigation alternatifs. L’usage de thématiques, ou mots-clés, ou catégories (« tags ») s’avère alors très pertinent. Avec deux conditions pour leur efficacité : que ces mots-clés soient visibles d’un coup d’œil (spontanéité, rapidité), qu’ils ne soient pas hiérarchisés (ce qui reviendrait à créer un nouveau menu, avec forcément une nouvelle subjectivité).
Proposition: Réduire la présence du menu général dans l’emprise
générale du site pour donner une place aussi visible et lisible aux catégories
et au moteur de recherche. Passer pour cela à un menu horizontal
davantage intégré au "paysage", menu qui s’articulera autour d’un maximum de 5 à 7 rubriques de niveau 1, utilisant des vocables compréhensibles par tous. Le survol d’une de ces entrées de rubriques affichera un mini menu listant les n entrées de niveau 2 et les « pages essentielles » (automatique ou choix de la rédaction). Le passage au niveau 2 ouvrira un menu complet de niveau 2 et 3 dans la colonne de gauche, permettant à l’internaute d’embrasser l’entier du sujet.
Faciliter de sucroît l'usage des catégories par un tri automatique réduisant, dans les rubriques internes, les catégories affichées aux seules catégories utilisées dans cette rubrique.
2. GENERATION GOOGLE L’usage extrêmement répandu du moteur de recherche Google influence les internautes dans leurs appréhension des sites Web. On savait que sur un site, plus souvent que de se balader, l'internaute venait chercher des réponses à ses questions. Avec l'influence de Google, l'internaute s'est habitué à poser ces questions dans les champs "recherche" plutôt qu'à partir lui-même en quête de la bonne page. Certains observateurs du Web avancent que près de la moitié des internautes négligent maintenant la navigation proposée par les sites Web, pour leur préférer l’usage direct du moteur de recherche interne au site (quand ils n'utilisent pas directement le moteur Google, car dégouttés du moteur de recherche du site...)
Proposition: Installer et designer le moteur de recherche, non plus comme un accessoire calé dans un coin de la page Web et/ou dans la zone d’identité du site, mais l’inclure dans la zone de texte des pages, et centralement, afin de marquer son impact sur le contenu et d’inciter à tout moment à l’utiliser. En bref, la zone recherche n’est plus une roue de secours, mais une fonction centrale à tout moment de la consultation.
3. RECHERCHE AVANCEE BOUDEE ? En dépit du succès de cette approche "recherche à la Google", les mêmes observateurs nous disent que les trois-quarts des internautes ne passent pas par les fonctions de « recherche avancée ». Ils jugent celles-ci soient trop complexes, soient trop lentes, et préférent réaliser des recherches en texte brut, empiriques, pour choisir ensuite, dans la grande quantité de réponses que leur offre une telle requête, ce qui peut les intéresser. Pourtant, il est patent que dans des sites au contenu riche ces réponses sont tellement nombreuses qu’elles perturbent aussi le visiteur et ralentissent l’identification de la bonne réponse. Pour le gestionnaire de contenu, les fonctions de la recherche avancée restent donc pertinentes, mais il lui appartient de mieux promouvoir ces fonctions avancées devant un public qui à priori n'en veut pas.
Proposition : Ne plus annoncer de "recherche avancée", mais répondre, lors des requêtes en texte brut, par un assortiment de réponses offrant à l’internaute un premier tri (par exemple par pertinence, date, mot-clé, rubrique) et la possibilité d’affiner sa recherche. En bref, inciter, par de premiers résultats et un design convivial, à découvrir une forme de recherche avancée.
4. SITES ROBORATIFS ? La densité du contenu des sites de collectivités publiques et la diversité de leurs publics (citoyen lambda, entreprises, élus, associations, enseignants, journalistes) appelle des usages et des besoins différents. Tel profil de visiteur n’ira jamais visiter les contenus destinés aux entreprises, telle association n’aura pas d’intérêt pour le monde industriel. Ces zones de non intérêt participent d'une indigestion des internautes qu’il appartient au designer de calmer. De même, la célèbre règle peu scientifique des 20/80 (qu'on pourrait ici traduire en : "20% de votre public représente le 80% de vos consultations", ou encore "20% de vos pages concernent le 80% de vos consultations") pourrait inspirer les designers: même si le plan du site est considérable, comment faire ressortir les 20% de pages qui font l'essentiel du traffic du site ?
Proposition: Présenter une sélection, pour chaque univers du site, des pages les plus utilisées, ou "pages essentielles". Afficher ces propositions lors de l'usage du menu général horizontal, puis dans la colonne de droite des grandes rubriques. A terme, offrir également des moyens de personnalisation du site communal par l’internaute. (à suivre...)
5. SEDUCTION IMPOSEE ? Le développement du Web 2.0., en termes de design, d’expérience utilisateur et même de plaisir donne un coup de vieux aux sites les plus administratifs. Pour l’internaute exigeant, le site ne doit pas seulement offrir la réponse à ses questions et une bonne information au bon endroit, il doit aussi être ludique, vivant, séduisant, à l’instar de ce que la presse magazine a apporté à la presse quotidienne. Nombre de communes ont travaillé sur l'amélioration de la home page, qui s'inspire de plus en plus des magazines: news, événements, grandes illustrations, gros titres, animations. Mais une fois passée cette porte d'entrée, le site retombe dans un format administratif et très monotone.
Proposition: Poursuivre dans la tendance "magazine", non plus seulement pour la home mais en entrée de chaque grand univers du site (comme « Culture », « Social », etc). Pour chacun de ces univers disposer ainsi d'une "sous home" permettant création d'une ambiance séduisante et spécifique à l'univers: son identité propre, sa "couleur", ses évènements spécifiques, ses galeries d'images spécifiques, ses partenaires,...
Ces cinq pistes de travail ont été explorées dans nos toutes dernières réalisations de sites de communes. Elles portent d'autres réflexions en cours dans le cadre de nos autres projets de e-government, à suivre fin 2010 et fin 2011. Parallèlement, nos projets collectivités publiques voient l''intégration pratiquement "par défaut":
- d'un annuaire communal (associations, services, entreprises)
- d'une newsletter ou liste de diffusion
- d'alertes ou flux RSS
- de services de petites annonces ouvertes au monde associatif et/ou aux particuliers
- de e-commerce pour la vente de billets de spectacles et d'abonnements CFF
- de cartographies (via googlemap ou les outils géogaphiques fournis par les instances locales)
- de widget météo
Ci-dessous, trois réalisations récentes basées sur l'approche développée ici.

Webgraphisme: Pierre Chassany et Emilie Fargues, partenaires vocables.com







