A propos du célèbre "cahier des charges" Web

Puisque cette chronique s'adresse à des personnes intéressées par les projets Web de taille disons modeste (Association, écoles, communes, PME), toutes n'auront sans doute pas connaissance du "cahier des charges". Lever le voile sur le sujet sera l'objet de ce "post".

Pourquoi un cahier des charges Web?


Peut-être pour éviter cela:


Ce document est la version la plus exhaustive des besoins d'un certain client. A nous de décripter, de comprendre, de traduire et de faire
accoucher. La chose nous a demandé trois heures de discussion, un chaud
vendredi soir de juillet. Elle demandera encore un peu plus de temps
quand je tâcherai d’en extraire une vraie structure informationnelle et
des gabarits de pages, sans parler du catalogue des fonctionnalités.


Et pourtant j’aime bien ce petit schéma, merci monsieur le client. Ce
brouillon quoique succinct, est bourré d’idées à développer. La plupart
du temps, la situation est bien plus grave, et le client n’a même pas
le courage de me présenter les concepts qu’il a élaborés sur la nappe
jetable de sa pizzeria préférée. Alors pour celui-ci, prêt à me
remettre pareil brouillon, et même assez courageux pour m’autoriser à
la publier sur mon blog, RES-PECT.

Qu’apprend-t-on d’un tel document ? Que la plupart d’entre nous,
confrontée à un projet Web, est tentée de passer directement des toutes
premières élucubrations à un plan gravé dans le marbre. Déjà qu’un
transfert aussi abrupt serait dans un monde à deux dimensions assez
osé, la troisième dimension du Web (l’effet « à tiroir » du Web, si je
puis dire) rend carrément utopique l’exercice. Tracer la carte de son
site peut difficilement régler la question des fonctionnalités ou
services proposés, des priorités à faire, de la place laissée au texte,
à l’image et … « au rien ». Passer aussi vite à la planification, c’est
mettre à la mer un esquif dont personne n’a défini s’il devait être un
navire de croisière, un dériveur ou un pétrolier. Nous agissons tous,
ou presque, comme si notre cerveau était infoutu de jouer, avec les
sujets, les concepts, les outils, les données déjà disponibles. Nous
plaçons notre cerveau dans l’obligation de définir, de décider et de
valider. A croire que personne enfant n’a construit de puzzle, n’a
monté des jeux de constructions, n’a joué au marmiton, cassant,
testant, démontant, brûlant... Au grand dam de Maman. Je serai
intraitable : écrire directement, dans un format aussi contraignant, et
au stylo indélébile, est un acte violent fait à la création.
(Amen !).

Amis lecteurs, j’ai opté pour de brèves missives et il faudra donc que
je revienne à ce sujet, mais pour l’heure je me dois de conclure : ne
laissez pas vos agences Web tout imaginer à votre place. Offrez-vous
des paper board, des marqueurs, un pot de colle, du ruban adhésif et
des ciseaux. Invitez un client (je n’ai pas dit un « con »). Délirez,
amusez-vous, bricolez, les solutions viendront plus tard. Si vous
deviez vous arrêter à cette étape, ce serait déjà magnifique. Vos
prestataires de services pourront dès lors vous aidez à formaliser un
cahier des charges, exhaustif autant que représentatif.

Pour aller à l'essentiel, un cahier des charges Web contient au minimum :
- Présentation du projet
- Objectifs principaux
- Cibles (des internautes)
- Publics utilisateurs (administrateurs, rédacteurs, partenaires contributeurs,…)
- Cadre technique (possibilités, ressources, limites,…)
- Budget
- Planning
- Date de la rédaction du cahier des charges
- Signature des parties

Oups ! J’oubliais : un cahier des charges est concis, bref, très
factuel, lu et validé par tous les intéressés, complété dès que besoin
s’en fait sentir.

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